Périple japonais - visualisation


Une petite carte pour situer les deux régions principales que j'ai arpentées cet été. Tokyo, c'est ma première moitié de voyage, et la région du Kansai (Kobe, Nara, Osaka) ma deuxième, située à côté de Kyoto, qui ne fait pas partie du Kansai géographiquement, mais qui est collée et que j'ai visitée aussi.

Tokyo, mégapole en hauteur et en couleurs


C'est un peu brutal de commencer par ces images, mais c'est quand même le décor principal de la capitale japonaise. Donc indispensable pour cerner le contexte visuel, qui va avec le fourmillement physique et moral de la ville. A Tokyo, il ne faut surtout pas chercher de beaux paysages. Il y en a dans quelques lieux isolés et bien délimités, comme les parcs et monuments (Palais impérial, etc), mais sinon, l'architecture est complètement décousue et sans charme, et ce pour deux raisons : contrairement à la France qui garde son patrimoine architectural pendant des siècles, le Japon des grandes villes construit des bâtiments éphèmères. La première raison vient du fait que les habitations traditionnelles sont faites en bois, très belles mais pas très solides face aux incendies et tremblements de terre. Ce dernier phénomène naturel fait également une autre raison importante : les fréquents tremblements ont détruit énormément de paysages citadins.
La hauteur des immeubles, elle, est due à la trop petite superficie de terre habitable au Japon. L'île est en effet faite de montagnes et de volcans, et on a tous appris ça en géographie, les hommes ne construisent des habitations qu'en surface planes. Et au Japon, il n'en reste pas beaucoup, de la surface habitable. D'où le prix des terrains, des loyers, et la hauteur des bâtiments. On peut penser à New York parfois.
Mais les immeubles sont en général recouverts de publicités, d'enseignes et d'images. Le plus étonnant est qu'il y a des restaurants et clubs jusqu'aux derniers étages, on peut voir une multitude de panneaux allant jusqu'en haut de l'immeuble et indiquant le nom des boutiques qu'il y a à chaque étage.


Si ce n'est pas la beauté architecturale qu'il faut rechercher à Tokyo, c'est bien plutôt la vitalité humaine et la richesse de lieux insolites. Ce que j'aime dans ce genre de ville, c'est le foisonnement culturel et commercial. Mais il faut fouiller, et c'est ça qui est plaisant, quand on aime. Il y a tellement de choses imbriquées les unes sur/sous/derrière les autres qu'il faut fourrer son nez un peu partout pour découvrir par exemple un club de blues (avec des musiciens amateurs qui ont un niveau de pro!!) dans un sous-sol bien caché, ou encore un superbe restaurant au 14e étage! Et quel choix en magasins, restaurants, café et clubs! Ca ne se voit pas sur ces photos, mais j'oubliais de parler de la vie qu'il y a dans les souterrains! Les nombreuses stations de métro sont souvent prolongées, en général pour être reliées à une autre station, et ces souterrains sont à eux-seuls d'intéressants centres commerciaux. Je vous l'accorde, toute cette agitation sans fin peut être assomante. Mais lorsqu'on y va pour quelques temps et qu'on y vit pas, c'est incroyablement excitant. On a l'impression qu'on peut trouver tout ce dont on peut avoir besoin, parce que chaque boutique est différente, contraitrement à Paris où les magasins fonctionnent de plus en plus sur un principe de chaînes. Et pour bien manger, on a du choix!

Unagi et Soba

Teïshoku riori, c'est la cuisine simple et pas cher, qu'on trouve partout et ouverte à toute heure. Mais contrairement aux fastfood occidentaux, c'est de la véritable cuisine! La preuve, même si ça n'est pas la spécialité du coin, on peut manger un Unadon (angille grillée et caramélisée sur du riz), accompagné d'une soupe, de petits légumes marinés, et d'un petit bol de nouilles. Et tout ce repas complet pour environ 700 yen (5,5 euros environ)!


Dans la deuxième photo, c'est des Tororo zaru soba : les soba sont des nouilles faites de sarrasin, on les trempe dans un petit petit bol de dashi (bouillon à base de shoyu - soja), et on les mange, froides parce qu'il fait chaud. Ici, la particularité est que dans le dashi a été ajouté du Yama Imo (igname japonais) rapé (appelé tororo lorsqu'il est servi comme ça) et un petit oeuf. Le mélange est délicieux.



Boutiques Arts plastiques et papeteries

Sekaido, un grand magasin sur 7 étages, pour les amoureux de matériel pour arts plastiques, une véritable caverne d'Ali baba. Avec au rez-de-chaussée un grand rayon de jolies cartes postales japonaises.


Puis Itoya, sur plusieurs bâtiments, vend à peu près la même chose, mais la boutique est un peu plus chic et donc plus chère. Mais le détour vaut la peine rien que pour le petit bâtiment washi (papier de riz japonais), qui fait presque office de musée, tellement les produits et leur présentation sont soignés et beaux!



Sekaido : 3-1-1 Shinjuku
Itoya : 2-7-15 Ginza
et il faut profiter d'être à Ginza pour aller voir aussi le magasin Kyukyodo, qui a un magnifique rez-de-chaussée rempli de délicats produits typiquement japonais faits de papier. Et les prix ne sont pas excessifs du tout, malgré le fait que la boutique se trouve dans l'immeuble le plus cher du pays, apparemment il est situé sur le terrain le plus cher du Japon. Plein d'idées cadeaux dans ce magasin en tout cas : 5-7-4, Ginza

Chashiu-men

Au Japon, les nouilles se consomment à toute heure, en bouillon, froides ou bien sautées. Les Japonais les mangent souvent très rapidement, parfois à la sortie d'une gare après le travail, et souvent débouts au comptoir. Les plus connues sont les ramen, nouilles de blé tendre, servies brulantes. Voici un exemple de restaurant.

Mais celui-ci a une spécialité, le chashiu-men : la soupe est délicatement servie avec une tranche de porc roti à la sauce soja et des légumes de saison bien mijotés. Vous constaterez une petite louche en bois noir, qui sert à déguster le bouillon.


Fashion Jikatabi

Jikatabi, ces chaussures faites à l'origine pour les charpentiers japonais pour plus de légèreté et abileté, sont devenues très à la mode depuis quelques années déjà, dans le monde entier. Avec des tas de variantes en terme de couleurs et motifs (les traditionnelles sont noires, bleues marine ou blanches).


Mangamania

On dit que le Japon c'est le pays des mangas et dessins animés. Je peux confirmer, étant allée à l'école là-bas dans mon enfance, que les Japonais ont effectivement à peu près tous un bon coup de crayon. J'ai bien rigolé en voyant qu'ils utilisaient le dessin même pour vendre des lunettes!!

Katsu carey

Un de mes plats préférés (encore!), pas gastronomique du tout, très populaire, mais tellement bon! Le Kastu carey, c'est du curry japonais avec du riz, accompagné de porc pané (katsu). Ce que j'ai mis sur le côté c'est des petits légumes marinés et salés dont le goût se marie vraiment bien avec le curry (ail et radis), vous en trouverez toujours sur la table lorsque vous irez dans un restaurant de curry. Au Japon, cela fait partie de la cuisine teishoku dont j'ai parlé plus haut, la cuisine de maison pas chère (environ 6-700 yen, donc 5 euros). C'est effectivement le genre de plat que les mamans font à la maison pour la famille.
Pour les Parisiens, vous pouvez goûter ce plat dans certains restaurants du quartier Opéra/Pyramide (mais ça sera plus cher malheureusement).

Monsieur A à Tokyo!!


On n'arrête pas le progrès

Et oui, c'est un lecteur MP3, pas plus grand qu'une cuillière comme le montre la publicité :



Et là, un téléphone portable dont l'écran, vertical au début, peut se mettre à l'horizontale pour devenir écran vidéo! Et ne sous-estimez surtout pas la qualité de l'image!



La photo ne rend pas bien compte de la taille de l'écran télé, mais je peux vous assurer qu'il est impressionant!


Le quartier de l'électronique, c'est Akihabara bien sûr, mais essayez de ne pas vous arrêter aux premières boutiques pour étrangers, qui font des prix bien loin d'être intéressants, n'hésitez pas à aller fouiller dans les petites rues arrières, à vous perdre dans les zones plus cachées pour trouver de vraies boutiques intéressantes.

Une remarque aussi : les Japonais changent très régulièrement leurs appareils électroniques du fait de l'importante fréquence du renouvellement des modèles. Du coup, les appareils qu'on peut trouver d'occasion sont la plupart du temps en excellent état. Quelques boutiques proposent des produits d'occasion, faites-y un tour, vous trouverez peut-être la perle rare à un prix inégalable (c'est comme ça que j'ai trouvé mon cybershot noir, sans une éraflure ni faiblesse d'autonomie, pour un prix défiant toute concurrence).

Sushi mania


Sushi sans goût, mais avec beaucoup de mémoire interne.



La foire aux tissus - Nippori

Le marché St Pierre (pour ceux qui ne connaissent pas c'est le quartier de tissu de Paris) de Tokyo : Nippori. Pour les amoureux du tissu, faut venir fouiner pour trouver de magnifiques tissus japonais. L'ambiance est plutôt populaire comme au marché St Pierre, mais quelques différences se font sentir :


Avez-vous déjà vu une telle présentation?!!
Les boutiques avaient toutes un coin "coupons" soigneusement enroulés ou pliés en carré (photos plus bas). Il ne s'agit pas de chutes, mais bien de coupons. Les jeunes japonaises s'en servent souvent pour fabriquer des petites choses comme des pochettes, petits sacs, ou encore petit nounours en patchwork.



On trouve des motifs classiques japonais (photo ci-dessous), des motifs plus modernes mais tout autant japonais, des unis, des carreaux... la diversité est là.


La plus grande boutique s'appelle Tomato, et s'impose sur 8 étages. Tout y est!
Au dernier étage, une véritable caverne d'Ali baba pour les fans de tezukuri (confection main à la maison) : fermetures, cordons, hanses, patrons... tout est là pour ceux (ou celles plutôt!) qui veulent fabriquer des objets en tissu eux-mêmes.
Ci-dessous, au dernier étage aussi, un énorme rayon de coupons pliés et rangés selon leur couleur. Le choix est impressionnant.





Ueno Kôen

Un peu de paix dans ce monde de délurés! Le parc de Ueno.
Verdure, petits temples, lac...





Le parc de Ueno encercle aussi des musées, et une université de Beaux Arts.
Les étudiants, chanceux d'avoir le parc comme cour de récréation (:p), s'installent discrètement dans le parc pour s'entraîner.





Le parc de Ueno est aussi connu pour son étendue de Lotus. Je connaissais par coeur le nom, mais je n'aurais jamais imaginé une plante comme ça. Elles poussent dans le lac, bien sûr, mais elles sont tellement grandes qu'on ne voit plus l'eau! Les feuilles sont énormes, d'un vert éclatant, et les fleurs sont roses bonbon. Apparemment il faut venir vers 5h du matin pour les voir éclore, une légende dit aussi qu'à cette heure-là on peut entendre le petit "ploc" de l'éclosion :)







Dans cette paisible ambiance, des vieux oji-chan jouent,
tandis qu'un jeune salariman fait sa prière, l'éventail délicatement "rangé" dans son dos (à la japonaise).



Korean town / Shin-Okubo

A Tokyo, tout près de Shinjiku, il y a un quartier coréen, Shin-Okubo. La population coréenne au Japon est un peu l'équivalent de la population maghrébine en France, les Coréens sont considérés comme immigrés, et n'ont pas une très bonne image. Ajoutée à ça la frilosité générale des Japonais, le quartier coréen est considéré comme mal fréquenté, sale et dangereux. Surtout qu'il est juste à côté de Kabuki-cho, le quartier des yakusas.
C'était en plein quartier coréen que je logeais! Le bonheur pour moi, qui adore la cuisine et la culture coréenne. Et bien les Japonais sont bien peureux... les restaurants sont tout à fait normaux, avec un côté plus populaire, bien sûr. Les serveuses par exemple sont beaucoup moins chaleureuses (faut dire que les serveuses japonaises sont à l'inverse trop serviables... ça peut paraître bizarre comme remarque, mais elles en font vraiment des tonnes face au client, et c'est fatiguant), et beaucoup de Coréens ne parlent pas bien, voire pas, le japonais. Alors que les Japonais ne sont en général pas très aventureux et n'apprécient pas devoir faire des efforts pour se faire comprendre. Tant pis pour eux :p
Ce quartier est plein de restaurants, petits ou grands, avec des spécialités différentes, parfois des présentoires donnant sur la rue pour vendre à emporter. Ambiance populaire que j'aime beaucoup. Ah, j'oublie de préciser que je n'ai jamais eu quelconque problème d'agression, ni même de regard masculin insistant, je me sentais complètement tranquille.



Pour ceux qui connaissent, des Ho-tok comme en Corée (photo ci-dessous)!
Ce sont des crêpes coréennes sucrées que l'on trouve partout dans les rues de Corée (particulièrement appréciées en hiver car elles se mangent très chaudes
et sont très nourissantes) faites par des vendeurs ambulants.
Les classiques sont à base de sucre de canne et de poudre de cannelle.
De la pure gourmandise!


Exemple de menu dans un restaurant qui était à deux pas de notre appartement :